De l’Ain à la Normandie
À dix-neuf ans, j’ai quitté ma région natale, l’Ain, pour rejoindre la Normandie. J’allais y suivre une formation manuelle de trois ans, intense, exigeante. Ce qui m’attirait dans cet apprentissage, c’était la précision du geste et la lecture attentive d’un corps — lire une tension, sentir un déséquilibre, ajuster une pression.
Après avoir validé le premier cycle, j’ai pourtant choisi de m’en éloigner. Les raisons étaient intérieures, je ne m’y retrouvais plus tout à fait. Je cherchais autre chose, sans savoir encore quoi.
Une rencontre qui change la direction
C’est à ce moment-là que j’ai croisé la médecine chinoise. Presque par hasard — une conversation, une démonstration, une invitation à essayer. Ce que j’ai senti à la première séance ne se laisse pas facilement dire : quelque chose de plus lent, de plus respectueux, qui ne cherchait pas à corriger mais à remettre en circulation.
J’ai rapidement été conquise par les bienfaits de cette médecine. J’ai pris conscience de mon propre corps, et ressenti son ouverture sur la vie. Très attirée par cette approche, je me suis engagée pour quatre années de formation à l’école Lishan de Caen.
Quatre années à l’école Lishan
Quatre années pendant lesquelles j’ai appris les fondamentaux de la médecine chinoise, la théorie des méridiens et du Qi, la lecture des langues et des pouls, les pratiques du massage Anmo Tuina et de la réflexologie plantaire Zu Xin Dao. C’est une formation qui exige autant de rigueur que d’humilité — la transmission est lente, on apprend la patience avec le geste.
Ce temps passé à me former m’a donné le socle que je continue d’approfondir aujourd’hui. La médecine chinoise n’est pas une technique qu’on finit d’apprendre — elle est une manière de regarder, et elle s’affine à chaque patient reçu.
Le cabinet à Clécy, depuis 2021
Je pratique dans mon cabinet à Clécy depuis le début de l’année 2021. J’y reçois des particuliers et j’interviens aussi en entreprise. Ce que je cherche, c’est une manière de soigner qui me ressemble : dans l’écoute, une profonde douceur, et beaucoup de bienveillance.
Je crois qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Se faire masser régulièrement, c’est soutenir la vitalité avant qu’elle ne décline, c’est stimuler le système immunitaire, c’est offrir au corps les conditions pour qu’il s’auto-régule. C’est une manière d’habiter son corps autrement.
Ce qui ne change pas
D’une séance à l’autre, d’une année à l’autre, il y a quelque chose qui ne bouge pas : le temps donné à chacun, la manière d’écouter ce que dit un corps avant même de le toucher, et l’attention portée à ce qui doit simplement circuler à nouveau. Si vous envisagez une première séance, sachez que rien ne sera pressé. Ce qui doit se dénouer a le temps nécessaire.